Projet Droit d'Auteur et Accès au Savoir en Afrique (D2ASA)
Le Projet Droit d'Auteur et Accès au Savoir en Afrique (D2ASA) a pour objectif d'analyser la relation, dans les pays d'Afrique, entre les environnements nationaux des droits d'auteur et l'accès au savoir.
Dans un pays développé, à peine 5% de toutes les
œuvres publiées sont disponibles dans un format accessible aux personnes
aveugles et malvoyants. Dans les pays en voie de développement, ce chiffre
tombe à 0,5%. Ainsi, 99,5% de livres publiés ne sont pas accessibles aux Sud-Africains
aveugles et malvoyants.
La loi sur le droit
d'auteur de l'Afrique du Sud aggrave le problème parce qu'il n'existe aucune
disposition pour les personnes handicapées afin d'adapter des matériaux à un
format accessible.
La proposition de l'Union mondiale des aveugles pour
un Traité
international relatif aux limitations et exceptions au droit d'auteur pour les
aveugles, les
déficients visuels et d'autres personnes souffrant d'un handicap de lecture (Traité) est un point proposé à l'ordre du jour aux
réunions du Comité permanent du droit d'auteur et des droits connexes (SCCR) de
l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Un certain
nombre de pays membres de l'OMPI soutien le Traité. L'objectif du Traitéest de créer une norme mondiale pour
les limitations et exceptions au droit d'auteur afin de permettre l'échange transfrontalier
des formats accessibles et l'accès équitable au savoir pour des millions de
personnes aveugles et malvoyants partout au monde. Les organisations au service
des communautés de malvoyants et de personnes handicapées en Afrique du Sud appuient
ce traité et elles demandent au Gouvernement de l'Afrique du Sud de l'appuyer à
l'OMPI.
Le 20 mai 2010, le South African National Council for the Blind (le Conseil national sud-africain pour les aveugles) a accueilli un
atelier afin d'obtenir un mandat pour négocier avec le gouvernement sur la
position sud-africaine relative au Traité proposé, ainsi que d'établir une
proposition pour la réforme de la législation du droit d'auteur en Afrique du
Sud. Des parties prenantes du secteur public et du secteur privé, des ONG et d'autres
communautés qui appuient le Traité, ainsi que des représentants de plusieurs
ministères ont participé à cet atelier.
Chris Friend de Sightsavers International et membre de l'Union
mondiale des aveugles (World
Blind Union), a parlé au sujet de la ‘Book Famine' (la pénurie de
livres) mondiale et la campagne ‘Right to Read' (droit de lire) et il a
souligné le besoin du Traité et des lois nationales sur le droit d'auteur qui
facilitent l'accès au savoir pour les malvoyants. Hiroshi Kawamura, président
du Daisy Consortium au Japon, a fait un exposé très intéressant et
instructif sur les technologies DAISY et DAISY XML, qui permettent l'accès, la
navigation, l'interopérabilité et la flexibilité sur une plate-forme open-source. Il semble que ces technologies ne sont pas encore ‘découvertes' par les éditeurs
établis, malgré ces capacités excellentes et ces avantages. Les technologies peuvent
être utilisées dans toutes les formes de l'édition numérique, et non pas
seulement pour les malvoyants.
D'autres orateurs à l'atelier incluent Kerryn McKay du African Commons, qui a parlé de la Révision ouverte de la
loi sur le droit d'auteur de l'Afrique du Sud (Open Review of the
South African Copyright Act), et Denise Nicholson, la Bibliothécaire des services du droit
d'auteur à l'Université du Witwatersrand, Johannesburg, et la Conseillère en
politique et dissémination pour le Projet D2ASA, qui a souligné les tendances internationales
et régionales du droit d'auteur qui touchent l'accès au savoir en Afrique. Nicholson a également souligné les résultats de recherche
du Projet Droit d'auteur et accès au savoir en Afrique (D2ASA) dans huit pays
africains, y compris l'Afrique du Sud, qui a montré que les activités de violation du droit d'auteur facilitent l'accès
au savoir - et non pas les lois sur le droit d'auteur (parce que les lois sur
le droit d'auteur actuelles sont inadéquates ou inappropriées
pour les pays en voie de développement).
On a soulevé la question que nos lois sur le droit d'auteur
sont, en fait, discriminatoires et en violation de notre Constitution et,
peut-être, la Convention relative aux droits des personnes handicapées à
laquelle l'Afrique du Sud a signé et ratifié en 2007. Il est donc important que
les lois sur le droit d'auteur sud-africaines sont modifiées afin de faciliter
l'accès au savoir pour les personnes ayant un handicap sensoriel. L'Electronic Communications and Transactions
Act No. 25 de 2002 (la Loi sur les communications et transaction électroniques)
devrait également être modifiée pour permettre des limitations et exceptions en
cas de contournement des mesures
technique de protection (MTP) à des fins d'accès légitime.
Denise Nicholson 27 mai 2010
Cet
article est l'avis personnel de l'auteur, Denise Rosemary Nicholson (
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
)
et n'est pas nécessairement l'avis de son institution ni d'un autre organisme
ni individu.
Les oeuvres sur ce site sont sous contrat ‹‹ Creative Commons ›› Paternité-Partage des Conditions Initiales à l´Identique 2.5, Licence Sud-Africaine. Pour lire une copie de cette autorisation, visitez l´adresse suivante: http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5/za/ ou envoyez une lettre à Creative Commons, 171 Second Street, Suite 300, San Francisco, Californie 94105, USA.