Projet Droit d'Auteur et Accès au Savoir en Afrique (D2ASA)
Le Projet Droit d'Auteur et Accès au Savoir en Afrique (D2ASA) a pour objectif d'analyser la relation, dans les pays d'Afrique, entre les environnements nationaux des droits d'auteur et l'accès au savoir.
Des chercheurs du D2ASA participent
cette semaine au 19ème Comité permanent du droit d'auteur et des droits connexes de l'OMPI (SCCR
19) à Genève, qui aura lieu du 14 au 18 décembre.
Les membres du D2ASA, Perihan Abou Zeid de
l'Égypte et Tobias Schonwetter de l'Afrique du Sud, ont lancé le ACA2K Briefing Paper No. 3. Et, ensemble avec l'organisation de recherche IQsensato (basée à Genève),
Schonwetter a lu une déclaration au SCCR.
La déclaration suit : "Merci monsieur le
Président. Je parle au nom de IQsensato, qui se réjouit de
l'occasion de parler à cette session du SCCR. Le but d'IQsensato est de fournir
une plate‑forme internationelle qui promeut la recherche et les pensées des
chercheurs et spécialistes afin de renseigner et d'influencer les débats sur la
politique internationelle et les débats tels que celui‑ci de ce comité. Il est
dans ce contexte que IQsensato collabore avec le Projet Droit d'auteur et accès
au savoir en Afrique (D2ASA) (http://www.d2asa.org) ; un projet qui depuis deux ans examine, par le bias de recherche
empirique, la rélation entre les cadres nationaux de la propriété intellecuelle,
surtout les environnements du droit d'auteur, et l'accès au savoir dans des
pays africains. Le projet traite huit pays africans, l'Égypte, le Ghana, le Kenya,
le Maroc, le Mozambique, le Sénégal, l'Afrique du Sud et l'Ouganda.
"Monsieur le Président, nous sommes
contents de partager les conclusions du D2ASA relatives aux domaines de cette
session, c'est-à-dire, l'éducation à distance, les malvoyants, et les
bibliothèques et les archives. Ces conclusions se trouvent en détail dans le « Briefing
Paper 3 » du D2ASA qui est disponible aux délégués à la 19ème session
du SCCR.
"Quant à l'éducation à distance, bien que
plusieurs institutions dans les pays d'étude aient créé des programmes
d'apprentisage à distance, aucune loi nationale sur le droit d'auteur des huit
pays d'étude aborde explicitement l'apprentisage à distance. Par exemple, le Mozambique
a intégré l'apprentisage à distance comme système d'éducation spécial dans son Système national
d'éducation en 1992, pourtant la loi nationale sur le droit d'auteur ne
contient pas de dispositions spécifiques pour des exceptions rélatives
l'apprentisage à distance. Également un problème pour l'apprentisage à distance
en Afrique est l'existence de dispositions qui interdisent le contournement des
mesures technique de protection (MTP) dans quelques lois nationales. Notre recherche
confirme que des dispositions contre le contournement existent dans six pays
d'étude du D2ASA, soit dans la loi sur le droit d'auteur (par exemple, l'Égypt,
le Ghana, le Kenya, le Sénégal, le Maroc) soit dans une loi connexe (par
exemple, la Loi sur les communications et
transactions électroniques de l'Afrique du Sud, ou « Electronic Communications and Transactions Act » en
anglais). Dans les pays d'étude, il existe seulement au Maroc une exception
spécifique qui permet le contournement des MTP à des fins non commerciales par
des bibliothèques, archives, établissements d'éducation et quelques radiodiffuseurs.
"Quant aux malvoyants,
seulement un des huit pays d'étude du D2ASA, l'Ouganda, mentionne
spécifiquement les besoins des malvoyants dans sa loi sur le droit d'auteur,
tandis que le Ghana a adopté en 2007 une loi sur le handicap qui permet des exceptions
et limitations pour des malvoyants qui permet à quelques universités de
transformer des ressources didactiques en braille. Dans d'autres pays, le
manque de disposition relative aux malvoyants dans la loi sur le droit d'auteur
est contraire, parfois, aux autres politiques ou lois, ce qui inclut des droits
fondamentaux, et est en contradiction avec les pratiques qui facilitent l'accès
telles que la conversion des ressources protégées par le droit d'auteur en braille.
"En général, les dispositions relatives aux bibliothèques et archivessont insuffisantes
dans les pays d'étude du D2ASA afin de faciliter l'accès significatif aux
ressources didactiques. À part le but de préservation et remplacement, et avec
l'exception de l'Égypt et le Kenya, la duplication d'une œuvre entière par les
bibliothèques et archives n'est pas explicitement permise dans les pays d'étude
du D2ASA, et il existe beaucoup d'incertitude dans la plupart des pays en ce
qui concerne la partie de l'œuvre que les bibliothèques peuvent copier, et à
quelle échelle. Le Sénégal, par exemple, permet aux bibliothèques et archives de
copier des œuvres seulement quand la détérioration est avancée.
"Ces huit pays d'étude sont des exemples des pays qui ont besoin d'incorporer
dans leurs lois sur le droit d'auteur des exceptions et limitations spécifiques,
claires, et permettant de l'accès pour l'éducation
à distance, les malvoyants et les bibliothèques et archives. Le travail de
ce comité a besoin de fournir un cadre pour les pays d'étude
afin d'incorporer dans leurs lois sur le droit d'auteur de telles dispositions
claires et permettant de l'accès - et les problèmes trans‑frontaliers, qui en
sont importants, mérittent les discussions rélatives aux exceptions et limitations
en général, et c'est pourquoi un traité pour les malvoyants devrait être de
l'importance particulière pour l'Afrique. Merci monsieur
le Président."
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